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son : notre action pour
économiser 10 milliards
d'euros

L'ACTUALITE

Algues vertes : le bon outil est la Banque du Lisier (19 juin 2010)
Communiqué de presse

Nous saluons l’initiative des députés qui souhaitent mettre les élevages français dans la même situation que leurs concurrents européens, en aménageant les seuils d’application des contrôles publics, seuils qui sont actuellement plus contraignants en France qu’en Allemagne ou aux Pays-Bas – l’association écologiste « France Nature Environnement », qui proteste contre cette initiative, a l’honnêteté de le rappeler.

Ces députés ont fait passer cette proposition à l’Assemblée Nationale. Le Gouvernement s’y est opposé, vraisemblablement par souci politique de ne pas agiter le chiffon rouge qui mettrait sa réforme en difficulté.

Nous dirons ici que tout le monde a raison : les députés de vouloir desserrer le carcan réglementaire qui pèse sur les exploitations, France Nature Environnement de craindre un accroissement des pollutions, le Gouvernement de vouloir sécuriser sa réforme telle qu’elle est libellée.

Tout le monde a raison, si l’on utilise l’outil qui fera que ça marche : qu’on accompagne cet assouplissement par la mise en œuvre du concept de « Banque du lisier ». Les systèmes de marchés de droits d’épandage entre éleveurs et cultivateurs permettront d’utiliser les excédents d’effluents, réduisant les achats d’engrais chimiques et responsabilisant toute la filière. Quand vous avez monétisé un droit, vous souhaitez le conserver et les exploitants respecteront spontanément les limites de rejets d’effluents : mieux, ils seront eux-mêmes demandeurs de contrôles et de prélèvement d’azote dans le sol pour démontrer qu’ils appliquent scrupuleusement les règles.

Ces techniques fonctionnent parfaitement en Belgique flamingante, aux Pays-Bas, dans deux Länder allemands, avec des exploitations d’élevage autrement plus grandes que les nôtres. Il y a agriculture intensive, mais sans rejets d’excédents d’effluents.

La question n’est pas de mettre fin à l’exploitation « intensive », mais de la responsabiliser. Avec la Banque du lisier, cette évolution se fera spontanément dans le bon sens. Pourquoi se priver de cet outil ? Commençons par une expérience dans les secteurs à algues vertes.


Agriculture sans PAC et marchés à terme (31 mai 2010)

Nous lisons ceci, dans l'excellente lettre-mail de Agriculteurs de France :

     "Les marchés à terme : une réponse pour le secteur laitier
      La dérégulation du marché du  lait en Europe et la fin des quotas prévue pour 2015 engendre l'arrivée des marchés à terme dans cette filière.
En Europe, Nyse Euronext (qui traite notamment les contrats à terme blé, maïs et colza en France) et Eurex (contrats à terme pomme de terre et porc en Allemagne) préparent activement des contrats sur les produits laitiers, prioritairement la poudre de lait.
      Ces contrats, dont les modalités sont peu à peu dévoilées (volume, qualité, conditions de livraison, échéances...) devraient permettre à la filière laitière d'avoir à disposition des outils de couverture efficaces. Avant tout, ces contrats apporteront aux éleveurs de la visibilité quant à l'évolution du marché du lait et quant aux valeurs pour des livraisons différées."

Il n'y a rien à ajouter ! Ceux qui vont répétant que la fin de la Politique agricole commune européenne sonnerait le glas de nos activités productrices ont la charge de la preuve... Et ils auront du mal à le démontrer. En réalité, c'est bien l'existence de la PAC qui nuit aux développements des outils de marché, lesquels apportent de bonnes réponses : voila une leçon utile à tirer pour les autres secteurs de l'activité agricole.

Espérons que des Français se joindront aux deux acteurs cités, ce serait dommage qu'un grand pays agricole comme le nôtre soit absent de ces utiles activité.



Les leçons copenhagoises (22 février 2010)

Un peu de recul par rapport à l’événement ne messied pas à la réflexion. Depuis le 21 décembre, point final du happening climatique danois, la poussière est retombée. Que se passait-il au juste lorsque ces 45.000 personnes s’agitaient dans la capitale de la petite sirène ?

Se mettre d’accord à 192 est quasi impraticable ; il va bien falloir que les petites nations se regroupent pour peser par rapport aux colosses chinois, étatsunien et bientôt indien. Sinon, c’est l’oligarchie, et tous ceux qui n’en sont pas sont hors jeu. Donc une seule Amérique centrale, une ou deux amériques du sud, etc., et… une seule Europe…

Mais revenons au climat. Place à la sagesse de nos grands anciens : Michel Serres, dans Le Monde du 22 décembre, a bien parlé.

Le cadre de notre réflexion collective change à toute vitesse, et il nous faut des outils nouveaux pour maîtriser ce mouvement. Sur ces affaires du climat, comme sur la brève panique énergétique de 1973-78 et pour les questions Environnement dans leur ensemble, quelle est la nouveauté ? Ce n’est pas tant la mondialisation (elle apparut dès la « première guerre mondiale »…) ni l'ampleur des catastrophes possibles (elle est apparue en 1945 avec les bombes nucléaires...), c’est bien plutôt le déboulé sur la scène politique des faits technico-scientifiques. C’était les hydrocarbures à visage découvert il y a 35 ans, c’est le climat aujourd’hui, et aussi tous les chapitres de la science environnementalo / sanitaire.

Les responsables politiques doivent traiter ces nouvelles donnes. Ils savaient à peu près gérer les concepts sur l’économique et le social – laisser le business tourner, l’aider parfois, favoriser leur clientèle électorale, et réguler la solidarité envers les plus pauvres, avec plus ou moins d’élan suivant les aléas politiciens du vote gauche/droite – et aussi sur la sécurité intérieure et extérieure.

Mais voici que la science est devenue objet du débat politique - ni plus ni moins que du temps de Galilée. Pas quand elle est connue et bien calibrée, mais quand il y a doute et lourds enjeux : c’est le « principe de précaution », outil que les gouvernements doivent apprendre à manier. Jauger les concepts scientifiques (évaluer les différents degrés de risque et leur probabilité) en ouvrant plus largement que le GIEC ne le faisait les « revues par les pairs », chiffrer les aspects économiques (coûts du risque, coût de la protection, quantification des aléas), puis décider avec l’adhésion de la population malgré le vacarme des ONG, médias, hommes d’affaires et politiciens alléchés. Ça s’analyse en termes de théorie des jeux : vaut-il mieux diminuer l’impact maximum en dépensant davantage, ou abaisser l’impact moyen en dépensant moins, ou encore laisser agir pour attendre d’en savoir plus et sans appauvrir la société par de drastiques mesures qui pourraient s’avérer inutiles ?...

Nos responsables politiques doivent apprendre à bien articuler ces diverses démarches. Le public cède parfois à l’émotion, mais le décideur conséquent ne se laisse pas entraîner vers l’excès - tout en soignant sa réélection. Donc beaucoup de dialogue, de pédagogie. C’est tout l’équilibre de la pyramide de notre nouvelle gouvernance : aux trois angles de base, émotion publique et ses relais, bonne science, bonne économie, et à la pointe du haut, sagesse de la décision politique, pertinente et acceptée…

Tout cela est déjà fort compliqué dans un même espace culturel. Vouloir le faire mondialement, avec des opinions publiques nourrissant des aversions au risque disparates ? Copenhague était un projet vraiment difficile, proche de la gageure. Le gouvernement de la terre n’est pas pour demain : en attendant, calculons le « coût d’option » sur le climat (c’est-à-dire le bénéfice de la non action) et agissons sur des affaires plus faciles...



L'IEGRE évalue la qualité des études d'impact qui accompagnent les projets de loi sur l'Environnement

Voir le communiqué de Presse
 

Le Public et l’Expert en Environnement : qui influence qui ? (5 février 2010)

Entre l’expert scientifique et le profane, il y a toute une gradation, dont les deux limites extrêmes sont d’un côté l’expert pointu sur son sujet, de l’autre le citoyen ininformé guidé par son émotion.

Le point de départ : l’homme de la rue énonce une opinion ; est-elle recevable, malgré son incompétence ? Oui, disons-nous aujourd’hui, l’important réside dans cette expression d’un ressenti. Et les médias ne font que le refléter, ils ne le créent ni ne l’orientent ; idem pour les associations écolo ; idem pour les politiques : quand notre président de la République surfe sur la vague Vert, c’est moins par tactique politique que pour répondre à une demande du citoyen.

Conséquence : ne pas récuser l’opinion du personnage de base ; mais en même temps améliorer sa compétence - d’une manière qui soit acceptable pour lui sinon rien ne se passera ; donc pas par la parole de l’expert officiel, il n’aime pas trop cela.

Par exemple comme ceci : un citoyen profane trouvait amusant de répondre à un questionnaire de l’Union européenne lors d’une consultation sur les nanotechnologies ; il remplit les deux premiers cadres comme il peut ; au troisième, on lui demande s’il a lu tels documents (oui, non, partiellement, ne sait pas) : soit il dit non et passe aux questions suivantes, assumant son ignorance ; soit il clicke « suspens » et parcourt les documents en question avant de retourner à son questionnaire, mieux informé. Le voila porté à un premier degré d’expertise.

Ceci étant, certains thèmes sont bien d’essence top-down : les OGM en France du temps de J. Chirac, le réchauffement climatique… Le moins que l’on puisse dire est que le public se les est dûment appropriés.

 

Les Autorités scientifiques indépendantes (AFFSA, IRSN…) répondent assez bien à la nécessité d’une formulation objective par l’expert, fondée sur les trois vertus : excellence, transparence, indépendance. C’est vrai également pour les Comités scientifiques de l’Union européenne.

Ceci étant, il faut regarder de près pour l’indépendance des experts : certains partis politiques ont mis à leur programme des positions bien affirmées sur des points purement scientifiques – alors que depuis les Lumières, politique et sciences ressortissent à deux démarches indépendantes. Il s’agit des Verts principalement, pour qui par exemple les proliférations d’algues en Bretagne ne sont dues qu’aux nitrates, eux-mêmes ne provenant que de mauvaises pratiques agricoles. Mais alors, quand F. Fillion nomme des experts pour étudier le problème des ulves à Saint-Michel-en-Grève, doit-il demander leur appartenance politique, et les récuser s’ils se disent Vert ? la question n’est pas impertinente, l’un d’eux est effectivement élu municipal de ce parti… Mais les droits de l’homme interdisent la discrimination sur des critères politiques – et ils ont raison.

 

Le Haut Conseil des Biotechnologies est composée de deux groupes, l’un de scientifiques, l’autre de représentants variés, associations et autres. Il s’est prononcé le 22 décembre dernier sur le maïs MON 810 : les scientifiques ont affirmé : « ce maïs ne présente aucun risque pour la santé », le groupe société civile a déclaré à une courte majorité : « il existe des inconvénients, lesquels l’emportent sur les avantages ». Intoxication intellectuelle et surenchère des associations présentes dans ce deuxième groupe ? Ils citent parmi les risques la « fin de la paix dans les campagnes », sans doute à cause de la dure résistance qu’ils allaient eux-mêmes organiser !… Les Français sont pratiquement les seuls en Europe à freiner sur les OGM, pourquoi ? Nous aurions un rapport particulier avec l’alimentation, image de marque de notre « patrimoine » national…

Quel est acteur en position de faiblesse dans ce cadre (et dans beaucoup d’autres, similaires) ? L’économiste ! Dans ce Haut Conseil, un seul économiste (l’excellent Philippe Chamin), pour 35 scientifiques et 6 associations écologistes ou de consommateurs… Anne Bauer, journaliste aux Echos, exposait au Sénat le 1 octobre qu’elle n’obtient pas de réponse quand elle réclame l’analyse coûts bénéfices du maïs 810, ni dans un sens ni dans l’autre.

Voila un vrai point de réflexion.

Heureusement, ce Haut conseil n’est que consultatif – comme tous les autres : c’est le politique qui décide ensuite, éclairé par ses avis. Espérons en l’occurrence que gouvernement et parlement suivront enfin l’opinion des scientifiques – et de l’économiste, peut-on supposer – et libéreront ce malheureux maïs.

 

Un autre mode d’organisation, ce serait d’appeler des experts commis par les parties en présence, et s’affrontant devant les décideurs, comme au tribunal ? Certains diront que le principe de sécurité obligerait à écouter le plus pessimiste, et par suite, les catastrophistes gagneraient à tous coups, brandissant le « risque du risque »…

Les sociologues nous disent qu’il n’y a plus de « vérité immanente », qui pourrait être mise au jour par tout bon expert ? Pourtant… Les peurs semblent liées à l’inconnu qui accompagne la nouveauté. En tant qu’innovation, un projet novateur est non encore borné, donc possiblement catastrophique : comme la crise du SIDA à son début. L’inquiétude se relie donc bien à une bonne approche logique. Ensuite, quand la vraie mesure des choses est prise, ou quand les protections idoines sont définies et mises en place, la peur s’estompe… A ce point, chacun a compris que deux et deux font quatre.

Admirons comme l’opinion publique peut être consciente des enjeux, en dépit des incertitudes inquiétantes : quand elle aime l’innovation porteuse de risques, elle sait fort bien refouler sa peur. Le portable sur l’oreille est plus nocif que les antennes de téléphonie mobile, mais cette question n’est pas posée. Le virus H1N1 n’a pas suscité la psychose vaccinatoire qu’il aurait pu ou dû…



Plomb dans l'eau du robinet : notre plan d'action (30 novembre 2009)

L'IEGRE lance son plan d'action pour faire revoir la réglementation sur le plomb dans l'eau du robinet, qui nous ferait dépenser 10 milliards d'euros (remplacement des canalisations en plomb des parties privées) pour un bénéfice sanitaire incertain.

Notre action se déroule à trois niveaux :
1. Organisation Mondiale de la Santé
Demander une révision de la valeur guide de 10 microgrammes par litre dans l'eau, au motif que cette norme a été établie lorsqu'il y avait beaucoup de plomb dans l'air, les aliments et la poussière, alors qu'aujourd'hui ces trois sources de plomb ont pratiquement disparu et que les anciennes peintures sont en cours de traitement ; il est ainsi possible d'augmenter la part du plomb venant de l'eau, tout en respectant la quantité limite totale, donc sans risque pour la santé.
2. Union Européenne
La directive sur l'eau est justement en cours de révision, et le projet prévoit pour le moment le maintien de la limite de 10 µg/l ; nous demandons que ce taux limite soit remonté de 10 à 20 µg/l au titre de l'analyse ci-dessus, et du coût trop élevé par rapport aux bénéfices sanitaires ; l'Union européenne doit désormais faire des études d'impact sur ses décisions pour démontrer qu'elle a bien pris en compte les aspects scientifiques et économiques. Ceci nous permettra de vérifier son analyse, et de la mettre en cause si elle décidait de maintenir 10 µg/l à l'issue de cette révision.
3. Les autorités française
Elles sont tenues d'appliquer rigoureusement la réglementation européenne ; or celle-ci ne dit pas "vous devez changer vos canalisations en plomb", mais bien "vous devez respecter la limite de 10 µg/l" ; pour respecter cette limite, un chemisage intérieur des canalisations en plomb suffira dans de nombreux secteurs, et l'adjonction d'adjuvants permet de diminuer l'acidité de l'eau, pour qu'elle n'attaque plus le plomb des canalisations. Nous demanderons donc aux organismes publics français qui citent le remplacement des canalisations en plomb comme seule solution de modifier leur discours, et de rejoindre les nombreux autres qui admettent le chemisage ou le traitement de l'eau.
Le plus étonnant de l'affaire : la directive européenne prévoit de respecter 10 µg/l en moyenne hebdomadaire, et aujourd'hui personne ne peut dire quelle est la teneur réelle correspondante, parce qu'il n'y a pas de protocole de prélèvement qui corresponde à une moyenne sur une semaine...


 

Climat : coup de frein au réchauffement global ? (31 octobre 2009)

Depuis la création du GIEC il y a vingt ans, la grande menace écologique c’est le réchauffement de la planète, lié aux activités humaines et qui va s’accélérer dans l’avenir avec des conséquences dramatiques pour tous.

La « Convention Cadre des Nations-unies sur les changements climatiques » a été signée en 1992 lors du sommet de la terre à Rio de Janeiro. En 1997, les parties à cette Convention ont adopté le protocole de Kyoto, qui fut ratifié le 16 février 2005. Des milliers se scientifiques ont identifié le coupable : nous-mêmes ! « Des experts du GIEC ont confirmé le 2 février 2007 que la probabilité que le réchauffement climatique soit dû à l’activité humaine est supérieure à 90 % ».

 

 

Il était urgent de prendre des mesures drastiques, nous n’avions plus que deux ans devant nous du fait de la non réversibilité des dégagements de CO2 dans l’atmosphère.

Nos responsables politiques ont agi avec détermination : diminuons par 4 nos émissions de gaz à effet de serre ! L’Union européenne dépensera 100 milliards d’euros par an sur ce thème. La machine tourne de plus en plus vite, l’effet mouton de Panurge s’amplifie, le discours dominant domine, même si les pays en développement se montrent hésitants et si B. Obama rencontre quelques obstacles dans son pays.

 

Et voila que, tout soudain, tombe l’étonnante nouvelle sur les téléscripteurs : en réalité, le réchauffement mondial moyen s’est… arrêté depuis 1998 !!

Volte-face des grands médias : la BBC en fait sa une le 10 octobre dernier, et « Le Monde » lui emboîte le pas 11 jours après avec ce titre en manchette : « Climat : le réchauffement marque-t-il une pause ? », puis « Les températures pourraient légèrement baisser pendant dix à vingt ans. »

Que dire ? Que faire ?

Ces dernières années, beaucoup d’observateurs faisaient timidement remarquer que l’affaire est compliquée et que de nombreux facteurs se laissent mal appréhender par ces scénarios modélisés sur ordinateur : les nuages, les océans… On leur répliquait que la science avait maîtrisé ces aléas, qu’elle parlait certitude et non scénario. L’étiquette « négationniste » était opposée aux plus hardis.

Mais maintenant ? Le réel a manifesté son autonomie, l’empirisme a gagné et tous les curseurs se déplacent d’un coup : les sceptiques sont devenus moins hétérodoxes, les croyants moins orthodoxes…

Si l’on s’est à ce point trompé sur l’urgence, une pareille erreur sur la suite des événements est-elle vraiment exclue ? Et si elle ne l’est pas, faut-il dépenser tant ?

Le moins qui puisse être demandé, c’est de poser nos stylos et réfléchir une nouvelle fois…



L'Organisation Mondiale de la Santé réservée devant la lutte contre le réchauffement climatique 
Bulletin octobre 2009 (traduction résumée)

"Le changement climatique et les problèmes de santé constituent les principaux défis du 21ème siècle. Nous examinons ici les oppositions possibles entre ces deux objectifs.
La principale cause de l’inégalité sanitaire réside dans l’inégalité de l’accès aux ressources financières.
L’action contre le changement climatique peut mener à accroître les inégalités devant la santé. Les techniques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, comme les mécanismes de prix, risquent d’accroître les inégalités de revenus et donc aggraver l’inégalité devant la santé. La taxe Carbone au Danemark a accru l’inégalité de revenus, en provoquant des hausses de coût de production de biens indispensables et, même si les plus pauvres paient moins d’impôt, la charge s’est révélée plus lourde pour eux proportionnellement, d’où des réductions de dépenses sur des chapitres essentiels, comme l’alimentation mieux adaptée, le chauffage et les soins de santé.
Il en est de même avec les systèmes d’échanges de droits d’émission de CO2, qui augmentent les dépenses et provoquent des hausses des coûts à l’aval.
A New-Delhi, les bus sont devenus plus chers suite à l’introduction du gaz liquéfié à la place du diesel, ce qui a poussé les plus pauvres vers des modes de transports plus polluants et plus dangereux.
On peut aussi affirmer aussi que réduire l’inégalité devant la santé pourra avoir un effet négatif sur le climat. Il est indéniable que pour les pays où la santé est la plus dégradée, la réduction de cette inégalité ne pourra venir que du développement économique. Les pays du sud-est asiatique ont sensiblement amélioré leur situation sanitaire grâce à un rapide développement économique, qui les a menés à des augmentations d’émissions de GES. Si d’autres pays suivent cet exemple, même en utilisant les meilleures techniques, les constructions d’infrastructures de transport, de soins, de communication, de logement joueront dans le même sens." (Bulletin OMS octobre 2009)

Notre réaction : il est rare que les grandes organisations mondiales se démarquent l'une de l'autre ; pour que l'OMS ait pris la décision de s'exprimer ainsi, en donnant à voir sa différence avec l'ONU, il fallait que son inquiétude fût forte ; l'important ici n'est pas tant ce qu'elle dit - qui était déjà connu - mais le fait qu'elle le dise. Son message souligne que les politiques de lutte contre le réchauffement climatique pourraient poser question au plan de l'éthique.


Pour réduire le problème des algues vertes et des nitrates : créer une Banque du lisier (25 septembre 2009)

La question des algues vertes en Bretagne est devenue un sujet de préoccupation majeure, jusqu’à justifier un déplacement du Premier ministre sur les plages. Les dommages, qui n’étaient que touristiques, sont maintenant sanitaires, avec des risques d’intoxication au H2S.

Les nitrates sont mis au banc des accusés, même si les excédents de phosphate ont pu jouer un rôle, et même s’il y a très peu d’élevages sur le bassin versant de Saint-Michel en Grève. Nous entendons dire qu’il faut réduire la teneur en nitrates des eaux de surface à 10 mg/l au maximum, alors que la réglementation prévoit une limite de 50 mg/l, qui a été très difficile à atteindre.

Le principal problème est celui des élevages porcins concentrés : produisant des effluents en abondance (on dit du « lisier »), ils en déversent dans les rivières, ou laissent ruisseler des excédents incontrôlés.

Il est intéressant de noter que ce lisier fait un excellent engrais et que les cultivateurs alentour seraient intéressés de l’utiliser, à la place des engrais minéraux qu’ils achètent et qui, issus du gaz naturel, devraient voir leur prix augmenter dans le futur.

D’où l’idée d’organiser un marché d’épandage, où les offres et demandes de lisier seraient centralisées et les mouvements de cet engrais organique se feraient vers les mieux-disants. Les élevages communiquent le prix qu’ils sont prêts à payer pour aller épandre leur lisier chez un cultivateur, et les cultivateurs le prix qu’ils demanderaient pour donner leur accord. Ces offres et demandes seraient centralisées par un organisme appelé « banque du lisier », qui procéderait ensuite aux attributions. Une telle technique existe depuis longtemps en Belgique flamande, aux Pays-Bas et dans plusieurs Länder allemands.

L’annonce par la France de la création d’une Banque du lisier serait un signe très fort d’une détermination à véritablement se saisir du problème des excédents de nitrates, qui a coûté jusqu’ici près d’un milliard d’euros sans aboutir au plein succès – même s’il y a eu des améliorations sensibles.   



L'inquiétude des scientifiques sur la qualité des études épidémiologiques (31 août 2009)

Le professeur A. Aurengo (Académie de Médecine) expose depuis plusieurs mois que le Principe de précaution tend à pervertir la qualité des études épidémiologiques : les chercheurs portent désormais leur attention sur les éléments de risque, et n'approfondissent plus autant les facteurs qui jouent dans le sens de la réduction du risque. Pourquoi ? Parce qu'il est obligatoire, selon le principe de précaution, de traiter les risques, même non avérés. Les résultats qui montrent un accroissement potentiel de risque sont pris en considération et moins les autres. Il en résulte un déséquilibre de ces études, qui leur enlève une part de leur validité globale.


Lien vers notre article La Tribune 22 juin 2009 sur "La bulle écologiste"
 

Un air nouveau dans les médias : la critique commence d'être mieux admise

31 juillet 2009

Depuis quelques semaines, une sensible évolution semble se manifester dans ce qui concerne l'Environnement et la Sécurité sanitaire : nous voyons passer dans les médias des opinions réservées, ou dubitatives, en tout cas moins pessimistes sur les évolutions de l'environnement, sur les risques pour l'avenir ou sur les dangers sanitaires.

Le journal "Le Monde" fait partie des grands transmetteurs d'opinions inquiétantes sur ces sujets. Et pourtant, il n'a pas hésité à faire paraître en première page le 30 juillet dernier un titre iconoclaste : "Doute sur la création des 600.000 emplois verts" ! Et d'évoquer la possibilité d'une bulle verte, comparable à la bulle dot-com de 2000...

"Le niveau des mers ne montera pas de plus d'un mètre en 2100, et l'estimation optimiste est de 10 cm en un siècle" : voila la conclusion d'une étude récente, qui contredit directement les opinions exprimées par le GIEC ; ce qui est nouveau ce n'est pas cette étude, mais le fort retentissement qu'elle a eu dans la presse. Rappelons que depuis quelques mois, nous commencions à voir au contraire le qualificatif "négationniste" (en anglais "deniers") appliqué à ceux qui manifestaient des doutes sur la gravité de la menace.

Nous lisons dans le journal que l'alimentation bio n'est finalement pas aussi bénéfique qu'on ne le pensait - en réalité ses effets sanitaires sont à peu près équivalents à ceux de l'alimentation normale (certes elle ne contient pas de pesticides, mais le taux de pesticides de l'alimentation non bio est très bas, et les bons spécialistes considèrent qu'il n'est pas source de danger).

Il est reconnu et dit ouvertement que la taxe carbone, actuellement en cours d'étude, se révèle extrêmement compliquée à mettre en oeuvre.

Pour le recyclage des déchets ménagers, on signale que l'équilibre économique du recyclage des plastiques est sans doute impossible à atteindre, compte tenu de son coût élevé et de la faible valeur des sous-produits obtenus : ceci n'est pas nouveau du tout, mais ce qui est nouveau c'est que des médias reprennent ce message...

Un peu de sagesse nous revient, après quelques excès ? Nous ne saurions trop nous en féliciter, et souhaiter que ce développement soit... durable.
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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